Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.
Adoptée à trois mois et demi, j’ai grandi avec trois frères. Rencontré sur les réseaux sociaux, il a rendu la relation aussi addictive qu’une drogue. La première violence physique est survenue après seulement deux semaines et demie.
Je ne connaissais ni mes limites ni ma valeur. Terrifiée par l’abandon, je croyais qu’assez d’excuses rétabliraient tout. Il a tenté de prendre mon téléphone, cassé ma chaîne et m’a éloignée de ma famille. Dans la codépendance, je devais être parfaite pour qu’il reste.
Sous une montagne d’émotions grises, je m’excusais d’être victime. L’arrivée de la police m’a fait comprendre que je perdais ma vie pour lui.
En cachant mon téléphone, j’ai déclenché par erreur un appel au 911. La police est arrivée et a ouvert un dossier ; il a été détenu fin 2020. Au lieu du soulagement, j’ai ressenti culpabilité et trahison, jusqu’à lui écrire quatre pages d’excuses alors qu’il m’avait blessée.
Pendant la procédure, il m’appelait devant le procureur. J’avais peur de décevoir la police comme de le décevoir lui. Incapable de savoir s’il changerait ou si je pouvais vivre sans lui, je doutais de toutes mes décisions.
Avec une travailleuse sociale du commissariat, j’ai accepté un règlement judiciaire en février plutôt qu’un procès. Je le regrette aujourd’hui et aurais voulu qu’on me dise clairement qu’une victime n’a pas à s’excuser.
Il est incarcéré pour avoir violé ses conditions. Mon jeune enfant présente des changements de comportement. Entre peur et culpabilité, j’apprends enfin à poser des limites et souhaite aider d’autres personnes à sortir du cycle.
Son contrôle a reculé quand j’ai cessé de m’excuser. Des barrières physiques et des interdictions de contact m’aident à guérir. Je me sens encore fragile en réécoutant mes anciens enregistrements, mais je suis libre.
Les phases d’accalmie rendaient le cycle confus et me faisaient croire que la violence était ma faute. Je sais désormais que je ne la méritais pas et que je peux construire une vie sûre, sans m’excuser d’exister.
Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.