Emprise / perversion narcissique · Manipulation émotionnelle · 2 min de lecture

Sortir du chaos devenu familier dans mes relations

Marqué par les deuils et une enfance instable, il reconnaît l’attrait du chaos dans ses relations et commence à chercher d’autres repères.

AnonymePartagé avec soin · identité protégée
Dans ce récitRessentis évoqués : Le cœur lourdJe me reconstruis

Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.

Type de dynamique racontéeEmprise / perversion narcissiqueRepère de lecture · pas un diagnostic

Je pensais tenir ma force de ma capacité à survivre au désordre. Ma mère avait des problèmes d’addiction et mes deux frères avaient été placés. Notre famille était dispersée. Pendant longtemps, la souffrance m’a semblé être le prix ordinaire de la vie.

Pendant ma deuxième année d’études supérieures, ma sœur a été tuée alors qu’elle se trouvait là par hasard. J’ai porté mon deuil jusque sur mon visage avec des tatouages, dont une larme. Après la mort d’un ami, j’ai arrêté le sport puis les études. J’attendais presque la prochaine catastrophe.

J’avais appris à survivre au chaos. Je voulais maintenant apprendre à vivre sans le recréer dans mes relations.

J’ai fini par reconnaître quelque chose qui me faisait peur : le chaos de certaines relations m’attirait. Les ruptures puis les réconciliations intenses produisaient une excitation familière. Même lorsque je souffrais en voyant une ancienne partenaire avec quelqu’un d’autre, je ressentais l’envie de retourner dans ce cycle.

Après des infidélités, la confiance était devenue difficile. Les foules et les groupes d’amis me rendaient anxieux, malgré l’assurance que je montrais en public. Je m’éloignais de personnes qui me faisaient du mal, puis les laissais revenir. Je doutais de ma façon d’aimer et de l’authenticité de l’affection reçue.

À vingt-cinq ans, j’ai retrouvé mes frères sur Facebook. Ces retrouvailles ont changé mon rapport à l’histoire familiale. J’ai commencé un livre à partir de notes sur les différentes étapes de ma vie. Je voyais aussi la place prise par les antidouleurs pour me sentir à l’aise avec les autres et le besoin de ne plus cacher mes difficultés.

J’ai célébré un an sans alcool. Cette étape comptait davantage que les succès financiers : gagner 200 000 dollars en 2018 n’avait pas comblé mon vide intérieur. J’ai décidé de quitter le spectacle d’humour pour me consacrer au jeu d’acteur et aux réseaux sociaux, avec le souhait d’être plus honnête sur ce que je traversais.

Je cherche encore à sortir de ma consommation d’antidouleurs et à poser des limites dans mes relations. Je ne sais pas toujours comment je me sentirai lorsque je prends des engagements, ni pourquoi les foules me mettent en alerte. J’apprends à demander de l’aide au lieu de tout dissimuler.

Je souhaite que les personnes exposées publiquement puissent chercher du soutien plutôt que faire semblant d’aller bien. Dans ma propre vie, j’essaie de comprendre que l’amour n’a pas besoin de ressembler à une bataille. J’avance un jour après l’autre vers des choix moins dictés par la douleur.

Un mot de l’équipe

Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.