Contrôle coercitif · Contrôle coercitif · 2 min de lecture

Je me sentais déjà otage avant même le confinement

Mon mari venait de s’installer en France quand les insultes, l’alcool et les violences ont commencé. Au confinement, j’ai dû attendre qu’il s’effondre pour m’enfuir.

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Dans ce récitRessentis évoqués : Dans le douteJe vais mieux

Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.

Type de dynamique racontéeContrôle coercitifRepère de lecture · pas un diagnostic

Quelques jours avant le confinement, je me sentais en danger. Quand les restrictions sont tombées, je n’étais pas seulement enfermée chez moi : j’étais prise en otage. Je devais agir avant la catastrophe.

Mariés depuis deux ans, nous vivions séparés à l’étranger jusqu’à son arrivée en France en septembre. Le cauchemar a commencé par une violence verbale lente, une brutalité et une possessivité extrêmes.

J’ai compris que j’étais otage. J’ai attendu que l’alcool l’assomme pour partir avec les vêtements et papiers cachés en secret.

Il fouillait mon téléphone, me réveillait la nuit, prenait ma carte bancaire et buvait chaque jour. Puis il a lancé une bouteille vers mon visage et détruit le salon. J’ai compris que je serais la prochaine chose qu’il briserait.

### Le cycle des excuses et du déni

Après une crise, il promettait sobrement de faire des efforts et demandait pardon.

Mais si je maintenais une limite, il redevenait agressif, niait les faits et me traitait de folle. Chaque discussion me faisait douter de ma mémoire.

### La stratégie du silence

Je ne pouvais pas partir sans mes papiers, car il aurait gardé l’accès à tout et je me serais retrouvée dehors sans rien. Je devais d’abord mettre mes affaires essentielles en sécurité.

Pendant qu’il dormait ou s’effondrait sous l’alcool, je déposais documents, vêtements et essentiels chez une amie. Pour téléphoner, je me cachais dans les cages d’escalier et passais par des proches qui transmettaient les informations.

J’ai obtenu une dérogation de la police, mais il buvait jour et nuit et je devais attendre le seul moment possible.

### La fuite

J’avais fui quelques jours pour demander conseil, puis suis revenue le 16 et me suis retrouvée piégée. Vivre avec lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre rendait une issue mortelle probable.

Le jour du départ, il buvait dès 7 heures, me poussait et m’insultait. À 16 heures, il s’est enfin endormi sous l’effet de l’alcool.

C’était mon moment. Je suis partie.

### Après le départ

Il a cherché à me retrouver, demandé le retour de son chien et reproché mon rôle d’épouse. Puis il alternait excuses et accusations, répétant que j’étais folle. Le cycle continue encore.

La sécurité n’a pas effacé le choc : six mois de peur avaient détruit mon sommeil. J’entendais encore les bruits dans ma tête et subissais des crises de panique.

Près de deux mois plus tard, je vois clairement que j’ai réagi au bon moment. Je ne ressens ni culpabilité ni regret, seulement celui d’avoir investi du temps dans une histoire perdue. Je suis enfin libre.

Un mot de l’équipe

Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.