Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.
À 16 ans, je suis sortie avec un garçon populaire et apprécié au lycée. Au début, il était très tendre, m’apportait des fleurs ou à manger sans raison. Je me sentais désirée et spéciale.
La douceur est vite devenue étouffante. Si je prévoyais de voir mes amis avant lui, il se fâchait et affirmait vouloir tout mon temps uniquement parce qu’il m’aimait.
Je croyais que sa jalousie et son besoin de tout contrôler étaient de l’amour. Aimer, c’est laisser l’autre être lui-même et soutenir son indépendance.
Je le croyais. Mais chaque sortie déclenchait des reproches et des questions sur mes intentions, comme si choisir mes amis signifiait le rejeter.
Il a renoncé à l’école de ses rêves pour me suivre dans la mienne, puis a surveillé la localisation de mon téléphone et mes réseaux sociaux. Il ne voulait plus que j’aie d’amis ni que je sorte.
J’ai tenté plusieurs ruptures. Chaque fois, il promettait de changer, me ramenait vers lui, puis le contrôle empirait. Les excuses et l’escalade formaient une boucle.
## Le point de rupture
Un soir, il m’a suivie dans la rue en hurlant. Des témoins ont essayé de m’aider, mais j’étais trop honteuse et sidérée pour comprendre ce qui arrivait.
Il m’a poursuivie jusqu’à ma résidence étudiante et a menacé de se suicider si je refusais de lui parler, tout en m’insultant. J’avais peur pour lui et pour moi ; tout était hors de contrôle.
Le lendemain, j’ai déposé une plainte. Organiser ma sécurité et rester loin de lui a été difficile, mais nécessaire.
## Ce que j’ai appris
Je suis fière d’avoir tenu. « Je suis désolé, c’est parce que je t’aime » n’est pas de l’amour. Aimer, c’est respecter la personne et son autonomie. Il ne faut pas avoir peur de parler.
Des personnes peuvent vous entendre, vous écouter et vous aider. La situation peut s’améliorer. Je m’en suis sortie, je suis une survivante, parce qu’un jour il faut dire : ça suffit.
Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.