Contrôle coercitif · Contrôle coercitif · 2 min de lecture

Je croyais qu’il m’aimait, jusqu’à ce qu’il tente de me tuer

Après des années d’emprise et une tentative de meurtre, j’ai fui en Afrique puis repris ma vie. Écrire a rendu la honte à son véritable propriétaire.

AnonymePartagé avec soin · identité protégée
Dans ce récitRessentis évoqués : Le cœur lourdJe me reconstruis

Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.

Type de dynamique racontéeContrôle coercitifRepère de lecture · pas un diagnostic

Je l’ai rencontré à 18 ans et pris pour mon âme sœur. Son attention était enivrante, puis l’isolement a commencé presque aussitôt. Il ne voulait pas seulement mon temps, mais que mon univers entier tourne autour de lui.

Au fil des années, il a contrôlé mes relations, mes déplacements, mes vêtements, mes paroles et mes pensées. Le gaslighting retournait chaque conversation jusqu’à ce que je m’excuse. Je gérais sans cesse ses humeurs pour préserver la paix.

Quinze ans après, mettre mon histoire sur le papier a déplacé la honte que je portais enfin de moi vers lui.

Il a tenté de me tuer. Son masque est tombé : ce n’était ni colère ni jalousie, mais une volonté de destruction. J’ai fui physiquement, puis il m’a exilée en Afrique, loin de ma vie canadienne. Après un an de peur, j’ai réussi à rentrer.

Après la séparation, il utilisait encore les enfants. Les autorités m’ont appelée pour le renouvellement de son permis d’arme à feu : un rappel glaçant qu’il possédait toujours les moyens de me nuire.

Pendant quinze ans, la honte m’a réduite au silence. En écrivant mon livre, j’ai compris que la violence est un choix : le sien. À mesure que les souvenirs prenaient forme, la honte est retournée vers celui qui contrôlait, isolait et avait voulu me tuer.

Je parle désormais comme experte de mon vécu. Les projets d’adaptation me rendent vulnérable, mais exposer le traumatisme aide à combattre la culpabilité des autres victimes. Rien de tout cela n’est leur faute.

À celle que j’étais à 20 ans, je dis : « Ce n’est pas ta faute. Je t’aime. » L’estime de soi revient lentement, mais les ailes repoussent. J’élève mes enfants dans l’équité et leur apprends que l’amour n’est jamais le contrôle. Mes cicatrices restent, mais je suis vivante et je ne me tais plus.

Un mot de l’équipe

Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.