Contrôle coercitif · Contrôle coercitif et violences physiques · 3 min de lecture

Je croyais qu’il était l’homme de ma vie, jusqu’à sa première gifle

À 17 ans, je croyais avoir trouvé le compagnon idéal. En six mois, une gifle a ouvert la voie aux tortures, violences sexuelles, privations et à un isolement total.

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Dans ce récitRessentis évoqués : Dans le douteJe me reconstruis

Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.

Type de dynamique racontéeContrôle coercitifRepère de lecture · pas un diagnostic

À 17 ans, apprentie coiffeuse, je sortais avec le garçon dont tout le monde rêvait au collège. Les six premiers mois étaient parfaits. Je ne savais pas que cette lune de miel précédait la tempête.

Le premier signal fut une gifle après que j’avais dit non. J’ai ressenti de la confusion, pas de la peur, et me suis persuadée que ce serait unique. Mes parents l’appréciaient, ce qui facilitait encore le déni. Je n’ai rien dit.

J’avais normalisé les violences jusqu’à ce qu’une personne me dise qu’aucune femme ne mérite cela. Ma relation était devenue une prison.

Dès notre installation, les violences physiques et sexuelles ont commencé. Il m’imposait des pénétrations, me maintenait la tête sous un oreiller et m’étouffait. Violée trois fois par mon propre compagnon, je n’avais pas les mots : je croyais encore que le viol concernait des inconnus.

Il me frappait avec un manche à balai ou une corde à sauter, tentait de me faire glisser dans la baignoire, cassait les assiettes puis m’obligeait à nettoyer. Il me privait de nourriture jusqu’à un poids très bas. Mon employeur voyait les marques, mais mes lunettes cachaient les vaisseaux éclatés dans mes yeux.

Pendant un an et demi, il a répondu à ma mère à ma place et m’a coupée de tous. Trop faible, j’ai abandonné mon apprentissage. Je tentais d’appeler la police, puis raccrochais à chaque menace de mort.

Il a aussi torturé nos chats, les attachant et m’interdisant de les nourrir. Je me levais la nuit pour leur donner un peu d’affection. Il les a tués sous mes yeux puis m’a rendue responsable : la cruauté ultime.

Après chaque violence, il offrait des cadeaux et promettait d’arrêter. L’alternance du chaud et du froid me retenait et me faisait douter de ma raison.

Pendant les fêtes, j’ai refusé de partir avec sa famille et suis retournée chez mes parents sans encore oser parler. Un vieil ami m’a dit qu’aucune femme ne méritait cela et que je devais partir avant qu’il soit trop tard.

Le lendemain, j’ai annoncé mon départ. Je voulais d’abord une main courante, moins définitive à mes yeux qu’une plainte. Mes parents m’ont accompagnée à la gendarmerie et j’ai parlé trois heures, sans pouvoir leur lire les violences sexuelles.

Ma sœur m’a rappelé que s’ils étaient prêts à entendre, je pouvais parler. Mon père est resté figé de colère et de douleur ; ma mère est partie pleurer. J’ai culpabilisé de leur avoir caché l’horreur.

Deux mois plus tard, j’ai porté plainte et rompu par téléphone. Avec ma sœur et ses amis cachés dehors, j’ai mis ses affaires devant l’appartement et nous sommes parties. Tout fut étonnamment calme, mais je savais devoir fuir.

J’avais oublié mon droit de dire non, de partir et d’être reconnue comme victime d’un crime. Une voix extérieure et la parole retrouvée m’ont montré que je n’étais pas seule. Je guéris encore, mais je suis libre.

Un mot de l’équipe

Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.