Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.
Je me croyais responsable de chaque erreur, plante artificielle verte dehors et morte dedans. Je ne savais même plus si j’avais le droit de dormir ni ce que j’aimais manger. Désobéir semblait annoncer la fin du monde.
Française, j’ai rencontré en ligne mon mari israélien. Nous avons eu six enfants, déménagé en Israël et accompli une techouva. Quand les enfants ont parlé hébreu et commencé l’école, les violences ont augmenté.
J’ai dû sauver mes enfants, même si cela détruisait la famille rêvée. J’ai cessé d’être une servante et commencé à vivre vraiment.
Il exigeait que je ne regarde que lui, m’ignorait après les premières naissances et cachait les messages d’autres femmes. Le véritable déclic est venu de scènes impossibles à nier.
Il a jeté notre fils contre un mur, forcé un enfant à répéter « je ne suis rien » et enfermé les enfants dehors pendant le shabbat. J’ai photographié mon fils endormi sur le sol froid. Il menaçait de nourrir un enfant au pain et à l’eau, le tirait par l’oreille et me faisait nettoyer sous son regard.
Il utilisait la religion pour nous contrôler : synagogue à 4 h 30, ordre parfait et menaces autour des lumières du shabbat. Il me traitait de voleuse devant les enfants, bloquait ma carte bancaire et m’accusait d’avoir pris l’argent qu’il cachait.
Je n’existais plus qu’en servante, avec sa voix dans ma tête. Je craignais les services sociaux, une arme, ma propre mort et même que les enfants lui révèlent mon projet.
La découverte d’une liasse cachée m’a décidée. Pendant un mois, j’ai préparé le départ : compte privé, argent envoyé à ma mère, nourriture cachée, deux téléphones et de l’essence dans la voiture.
Un dimanche, j’ai appelé les services sociaux. Cachée avec mon fils autiste, j’ai refusé d’obéir, enregistré les échanges et coupé les caméras pour récupérer les enfants.
Sa sœur a menacé de me suivre et de me tuer. La police nous a conduits au commissariat puis dans un refuge, où nous sommes restés plus de dix mois. Déconnectée de mon corps, j’y ai compris que les enfants avaient des droits.
J’ai abandonné un appartement de 240 m², une voiture et du personnel pour devenir femme de ménage et payer les besoins de mes enfants. Ils ont changé d’école pendant le refuge et voient leur père dans un centre spécialisé.
J’ai encore peur des hommes dans les salles d’attente et de l’avenir de mes enfants. Mais je sais que j’ai le droit d’exister et d’être heureuse, et qu’il est possible de sortir de cette situation.
Je témoigne pour que d’autres femmes sachent qu’elles ne sont pas seules. J’ai cessé d’être une servante. J’ai commencé à vivre pour de vrai.
Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.