Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.
Pendant des années, je me suis crue sale, brisée et seule. La honte me semblait indélébile. À trente-quatre ans, mère de trois enfants, je sortais de sept années d’une relation qui m’avait détruite progressivement.
Mes parents s’étaient séparés lorsque j’avais douze ou treize ans. Cette instabilité m’avait accompagnée dans ma vie adulte. Avec le père de ma première fille, j’ai subi des coups, des insultes, un contrôle financier et des intrusions chez moi. Il refusait de me laisser partir.
J’avais cru que la honte me définissait. Avec du soutien, j’ai compris que ce que j’avais subi ne diminuait pas ma valeur.
Une nuit, il m’a agressée sexuellement. Il a pris mon téléphone, filmé les violences puis diffusé les vidéos sur les réseaux sociaux. Il utilisait cette humiliation pour me contrôler. Ma famille pleurait avec moi et je me sentais écrasée par la honte.
J’ai finalement réussi à quitter l’appartement et à porter plainte. Il a été arrêté puis incarcéré. Je traversais une dépression profonde ; ma confiance en moi était anéantie et j’avais l’impression d’avoir tout perdu.
J’ai choisi de quitter la Belgique pour la France. Un mois avant mon arrivée, j’avais rencontré celui qui est devenu mon mari. Il ne connaissait pas encore toute mon histoire, mais m’accueillait sans jugement. Lorsque je me sentais sans valeur, il restait à mes côtés et me rappelait que j’en avais.
J’ai ensuite parlé de ce qui s’était passé à ma fille, aujourd’hui âgée de quatorze ans. Bouleversée, elle m’a encouragée. Mon mari est devenu pour elle une présence paternelle. J’ai trouvé un travail dans l’assurance et la banque, obtenu un appartement et commencé un podcast consacré à la reconstruction.
Dans mon propre cheminement, j’ai ressenti le besoin de pardonner pour alléger ce que je portais. Je lui ai rendu visite en prison. J’ai beaucoup pleuré et éprouvé de la compassion, sans nier ses actes. Je lui ai dit mon pardon et mon espoir qu’il rencontre Jésus. J’ignore s’il changera ou quelle relation ma fille aura avec lui.
Ma foi me fait voir dans le soutien de mon mari et des personnes qui m’ont écoutée une aide de Dieu. J’ai compris que je n’étais ni sale ni seule. L’image de la brebis perdue m’a donné l’espoir qu’une vie abîmée pouvait encore se reconstruire.
Aujourd’hui, j’accompagne d’autres femmes victimes de violences. Je leur parle de soutien psychologique, de la possibilité de demander de l’aide et de la place que le Christ tient dans mon histoire. Je souhaite surtout qu’elles sachent qu’elles ne sont pas seules et qu’elles peuvent parler.
Je continue à reconstruire ma vie, mais je ne me cache plus. Avec mon mari, nous célébrons notre anniversaire de mariage. Je suis reconnaissante pour cette nouvelle vie et pour la possibilité d’aider d’autres femmes. Je ne me considère plus comme le problème.
Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.