Contrôle coercitif · Contrôle coercitif · 3 min de lecture

J’ai décidé de partir quand il a frappé mon fils

Elle excusait la colère de son compagnon jusqu’aux violences contre son fils. Soutenue par sa famille et une association, elle prépare leur départ.

AnonymePartagé avec soin · identité protégée
Dans ce récitRessentis évoqués : Le cœur lourdJe me reconstruis

Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.

Type de dynamique racontéeContrôle coercitifRepère de lecture · pas un diagnostic

J’élevais seule mon enfant lorsque j’ai laissé cet homme entrer dans notre vie. Je pensais trouver une forme de stabilité. Très vite, pourtant, notre quotidien a basculé.

Il se mettait facilement en colère. Je me disais que chacun avait ses défauts et que la première dispute était un simple conflit. Les violences sont devenues quotidiennes : coups, paroles humiliantes, pression psychologique et rapports imposés. Je cédais par peur que la situation empire, sans être consentante, en me persuadant que c’était son caractère.

Voir mon enfant subir sa violence a brisé les excuses que je lui trouvais. J’ai compris qu’il fallait en sortir.

Je rentrais du travail avec la boule au ventre. Était-il calme ? Allions-nous passer une soirée tranquille ? Pendant des mois, j’ai minimisé cette peur et les violences, persuadée d’exagérer.

Lorsqu’il s’en est pris à mon fils, quelque chose a cédé. Jusque-là, je me demandais sans cesse ce que j’avais fait de mal. Voir mon enfant agressé m’a permis de comprendre que je devais mettre fin à cette situation.

J’avais peur des représailles contre les enfants si je parlais. Je voulais préserver une famille, tout en constatant que nous ne nous sentions en sécurité nulle part. Il avait installé chez nous des caméras utilisées pour son travail. Même à la maison, je me sentais surveillée.

Il m’a menacée avec un couteau et avait déjà coincé mon pied dans une porte. Une psychothérapeute consultée m’avait alertée sur le danger. Son petit sourire lorsqu’il me faisait mal me terrifiait : je comprenais que ces gestes n’étaient pas involontaires.

J’ai trouvé un dépliant avec les coordonnées d’une association. Il fallait parler. Une amie était morte de violences conjugales un 14 juillet, après avoir été hébergée dans un refuge. Son histoire me rappelait que le danger pouvait toucher quelqu’un de proche, dans n’importe quel milieu.

Je suis allée au commissariat porter plainte. Je me répétais que mes papiers et mes vêtements comptaient moins que ma vie. Je ne savais pas jusqu’où il irait et je ne pouvais plus rester dans cette peur.

Ma famille a trouvé un toit pour mes deux enfants et moi, puis une association nous a accompagnés. Je continue à voir une psychologue. Les enfants vont mieux, plus de deux ans après le départ. Organiser celui-ci sans prévenir mon fils, pour éviter que l’information soit répétée, avait été particulièrement difficile.

Avec le recul, je regrette d’avoir banalisé les premières violences. La répétition m’avait fait accepter des gestes qui me terrorisaient. Demander de l’aide et porter plainte ont été des étapes importantes de mon parcours. Je voulais vivre, et plus seulement survivre.

J’espère que mon récit aidera d’autres personnes à sortir du silence, pour elles-mêmes ou pour un proche. La honte m’avait isolée ; trouver du soutien m’a aidée à comprendre que je n’étais pas responsable de ses actes.

Un mot de l’équipe

Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.