Contrôle coercitif · Contrôle coercitif · 2 min de lecture

Je prenais sa jalousie pour de l’amour, jusqu’à ce qu’il me brise la cheville

Après une rencontre fulgurante, j’ai vécu cinq ans de contrôle, menaces et violences. Une cheville brisée et une fausse tentative de suicide m’ont appris que le premier coup est déjà le dernier avertissement.

AnonymePartagé avec soin · identité protégée
Dans ce récitRessentis évoqués : Le cœur lourdJe me reconstruis

Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.

Type de dynamique racontéeContrôle coercitifRepère de lecture · pas un diagnostic

Je confondais sa jalousie avec de l’attention et sa surveillance avec de la protection. Quinze jours après notre rencontre chez une amie, nous vivions ensemble. En trois mois, le conte de fées est devenu un cauchemar.

Tout a commencé par le dénigrement de mon travail de vendeuse, le contrôle de l’argent et du téléphone, puis les insultes quotidiennes. Isolée, je pensais être responsable de son comportement.

Le premier acte de violence est le dernier signal d’alerte. J’ai cessé de m’excuser et compris que je devais partir pour survivre.

À Halloween, je lui ai tenu tête. Il a cassé une barre métallique sur ma cheville et l’a brisée, fracassé des objets, menacé de prendre nos enfants et simulé un suicide pour me retenir.

Mère de deux garçons, j’avais déjà subi une grossesse extra-utérine puis une nouvelle grossesse rapide. Épuisée, je marchais sur des œufs et ai cessé de m’habiller de façon féminine pour éviter ses commentaires. Je disparaissais.

Lors d’un petit-déjeuner, il m’a frappée jusqu’à me faire perdre connaissance. La peur pour mes enfants et moi a tout dépassé. Le premier coup devait être le dernier avertissement : rester nous mettait en danger.

Après une première plainte, il m’a ramenée de force en me saisissant le bras. Je me suis cachée deux jours chez une amie, puis ai changé de département pour qu’il ne me retrouve pas. Il m’a fallu cinq ans pour être libre.

Je refuse d’être jugée pour être restée dans un filet de peur et de manipulation. Je veux montrer qu’une vie existe après les violences et que la communauté doit protéger les victimes. Je ne confonds plus jalousie et amour : partir m’a permis de vivre.

Un mot de l’équipe

Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.