Ces ressentis sont des repères de lecture. Ils peuvent se croiser, évoluer et ne pas ressembler exactement aux vôtres.
Pendant des années, j’ai pensé que l’amour se gagnait. Enfant, je devais m’adapter et suivre certaines règles pour recevoir de la reconnaissance. Cette approbation me donnait l’impression d’être aimé et estimé, mais elle dépendait de mes performances. J’ai fini par confondre les deux : sans validation extérieure, je me croyais sans valeur.
Une voix intérieure sévère s’est installée. Elle cherchait mes défauts et m’expliquait que je ne recevais pas d’amour parce que je n’étais pas à la hauteur. Je recherchais alors davantage d’affection auprès de personnes qui ne me respectaient pas.
Me respecter ne consistait plus seulement à me rassurer avec des mots. Il fallait aussi tenir compte de mes besoins dans mes actes.
J’ai compris que je devais revoir cette conviction profonde, pas seulement changer quelques habitudes. Me répéter que j’étais formidable ne suffisait pas. Il fallait me traiter avec respect, écouter mes besoins et apprendre à être une présence bienveillante pour moi-même.
Le processus a été lent. J’ai commencé à regarder mon passé autrement, en remarquant ce que j’avais fait de juste au lieu de ne voir que mes erreurs. Je faisais des listes de qualités. Au début, les reproches occupaient presque toute la page ; j’ai continué malgré cette difficulté.
J’ai aussi demandé à des personnes de confiance comment elles me percevaient. Leur faire confiance sans chercher une intention cachée me faisait peur. Peu à peu, j’ai appris qu’être fier d’un choix n’était pas forcément de l’orgueil.
Un jour, le souvenir d’une décision importante m’est revenu. J’ai pu reconnaître que j’avais bien agi. Cette observation concrète a fragilisé ma conviction d’être une mauvaise personne. Me dire à voix haute que j’avais fait quelque chose de bien me semblait étrange, mais cela comptait.
Aujourd’hui, reconnaître ma valeur passe aussi par les actes : me défendre, poser des limites et demander du respect dans mes relations. J’apprends encore. Je ne veux plus devoir jouer un rôle pour recevoir de l’affection ; je cherche à construire avec moi-même un lien plus sûr.
Ce témoignage raconte un vécu personnel. Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de conclure que toutes les situations similaires ont la même signification.